Le Canto General (2003)
Association Les Villains de Massy
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America insurrecta (1800)


 
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L'Amérique insurgée

     

     


      Nuestra tierra, ancha tierra, soledades,
      se pobló de rumores, brazos, bocas.
      Una callada sílaba iba ardiendo,
      congregando la rosa clandestina,
      hasta que las praderas trepidaron
      cubiertas de metales y galopes.

      Fue dura la verdad como un arado.

        Rompió la tierra, estableció el deseo,
        hundió sus propagandas germinales
        y nació en la secreta primavera.
        Fue callada su flor, fue rechazada
        su reunión de luz, fue combatida
        la levadura colectiva, el beso
        de las banderas escondidas,
        pero surgió rompiendo las paredes,
        apartando las cárceles del suelo.

        El pueblo oscuro fue su copa,
        recibió la substancia rechazada,
        la propagó en los límites marítimos,
        la machacó en morteros indomables.
        Y salió con las páginas golpeadas
        y con la primavera en el camino.
        Hora de ayer, hora de mediodía,
        hora de hoy otra vez, hora esperada
        entre el minuto muerto y el que nace,
        en la erizada edad de la mentira.

        Patria, naciste de los leñadores,
        de hijos sin bautizar, de carpinteros,
        de los que dieron como un ave extraña
        una gota de sangre voladora,
        y hoy nacerás de nuevo duramente
        desde donde el traidor y el carcelero
        te creen para siempre sumergida.

        Hoy nacerás del pueblo como entonces.

        Hoy saldrás del carbón y del rocío.
        Hoy llegarás a sacudir las puertas
        con manos maltratadas,con pedazos
        de alma sobreviviente, con racimos
        de miradas que no extinguió la muerte,
        con herramientas hurañas
        armadas bajo los harapos.

      Notre terre, ample terre, solitudes,
      se peupla de rumeurs, de bras, de bouches.
      Une syllabe muette qui brûlait
      y rassemblait la rose clandestine,
      jusqu'au jour où les prairies trépidèrent
      couvertes de métaux et de galops.

      La vérité fut dure comme une charrue.

        Elle rompit la terre, établit le désir,
        enfouit ses propagandes germinales
        et naquit durant le printemps secret.
        Sa fleur fut silencieuse, repoussée
        sa grappe de lumière, combattue
        le levain collectif, le baiser des drapeaux
        cachés,
        mais elle surgit lézardant les murs,
        écartant les geôles du sol.

        Et le peuple obscur fut sa coupe,
        il reçut la substance refoulée,
        la propagea jusqu'aux limites de la mer,
        il la pila dans des mortiers irréductibles.
        Et il sortit avec ses pages martelées
        et avec le printemps sur le chemin.
        Heure d'hier, heure méridienne, heure
        à nouveau d'aujourd'hui, heure attendue
        entre la minute morte et celle qui naît,
        à l'âge hérissé du mensonge.

        Patrie, tu fus engendrée par les bûcherons,
        par les enfants non baptisés, les charpentiers,
        par ceux-là qui donnèrent, tel un oiseau étrange,
        une goutte de sang ailé,
        et aujourd'hui tu vas renaître durement,
        de ce lieu où le renégat et le geôlier
        te croient à jamais submergée.

        Aujourd'hui comme alors tu vas naître du peuple.

        Aujourd'hui tu vas sortir du charbon, de la rosée.
        Tu vas venir secouer les portes
        avec des mains meurtries, des bribes
        d'âme survivante, des grappes
        de regards que la mort n'a pas éteintes,
        avec aussi de durs outils
        armés sous les haillons.
      Traduction de Claude Couffon, avec son aimable autorisation

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Mise à jour 2007-08-14
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