Le Canto General (2003)
Association Les Villains de Massy
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Algunas Bestias


 
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avec nous

 

Quelques animaux

     

     


      Era el crepúsculo de la iguana.
      Desde la arcoirisada crestería
      su lengua como un dardo
      se hundía en la verdura,
      el hormiguero monacal pisaba
      con melodioso pie la selva,
      el guanaco fino como el oxígeno
      en las anchas alturas pardas
      iba calzando botas de oro
      mientras la llama abría cßndidos ojos
      en la delicadeza
      del mundo lleno de rocío.
      Los monos trenzaban un hilo
      interminablemente erótico
      en las riberas de la aurora,
      derribando muros de polen
      y espantando el vuelo violeta
      de las mariposas de Muzo.

      Era la noche de los caimanes,
      la noche pura y pululante
      de hocicos saliendo del légamo,
      y de las ciénagas soñolientas
      un ruido opaco de armaduras
      volvía al origen terrestre.

      El jaguar tocaba las hojas
      con su ausencia fosforescente,
      el puma corre en el ramaje
      como el fuego devorador,
      mientras arden en él los ojos
      alcohólicos de la selva.

      Los tejones rascan los pies del río,
      husmean el nido
      cuya delicia palpitante
      atacarßn con dientes rojos.

      Y en el fondo del agua magna
      como el círculo de la tierra,
      estß la gigante anaconda
      cubierta de barros rituales,
      devoradora y religiosa

      C'était le crépuscule de l'iguane.
      De sa crête arc-en-ciel
      sa langue tel un dard
      s'enfonçait dans la verdure,
      le moine fourmilier foulait
      d'un pied mélodieux la forêt,
      le guanaco fin comme l'oxygène
      dans les hauts espaces grisâtres
      chaussait des bottes d'or
      tandis que le lama ouvrait des yeux candides
      sur la délicatesse
      du monde couvert de rosée.
      Les singes tressaient un fil érotique
      interminable
      sur les rivages de l'aurore,
      abattant des murs de pollen
      et effrayant le vol violet
      des papillons de Boyaca.

      C'était la nuit des caïmans,
      la nuit limpide où pullulaient
      les mâchoires hors de la vase,
      et du sommeil des marécages
      refluait un bruit sourd d'armures
      vers l'origine de la terre.

      Le jaguar effleurait les feuilles
      de son absence phosphorescente,
      le puma court dans les branchages
      comme un feu dévorateur,
      dans ses yeux flambe
      l'alcoolisme de la forêt.

      Les blaireaux grattent les pieds du fleuve,
      ils hument, ils reniflent le nid
      et son délice palpitant
      que leurs dents rouges attaqueront.

      Et au fond de l'eau majestueuse,
      voici le cercle de la terre,
      l'anaconda géant
      tout écaillé de boues rituelles,
      dévorateur et religieux.
      Traduction de Claude Couffon, avec son aimable autorisation

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Mise à jour 2007-08-14
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