Claude Giot n'aura pas seulement oeuvré à défendre et inlassablement
illustrer sa vie durant l'image d'une région et le renom de Clermont, sa
ville. Il se sera battu pour le rayonnement d'une certaine idée de la
musique. Plus généreuse, plus partagée, plus ouverte, plus humaniste. Il
aura mis son immense talent de musicien au service de cet idéal qu'il
servira avec opiniâtreté, passion et par-dessus tout avec un immense talent
qui lui valait la reconnaissance et le respect des plus grands.
On ne gagne pas par hasard la considération et l'amitié de chefs comme
Dutoit, Lombard ou Plasson. De même que jouer aux côtés d'un
Rostropovitch, d'un Samson François, ou d'un Maurice André exige des
qualités exceptionnelles. Celles que saluaient en lui un Jolivet ou un
Messiaen, auprès desquels il avait appris les subtilités de l'écriture
musicale.
Car Claude Giot était un musicien complet, de haut niveau, en accord avec
son altruisme et sa force de caractère. Autant de talents ne pouvaient que
distinguer un pédagogue d'exception. Là encore, il y excella au
superlatif. Enseignant au Conservatoire de Région, il a formé une
véritable élite de percussionnistes qui trouvent naturellement place au
sein des plus grandes formations. Car il tenait à transmettre son savoir,
da joie, sa passion, n'hésitant jamais à payer de sa personne et de son
temps.
Il crée le Forum International des Percussions en Auvergne, met sur
pied un stage international à Saint-Sauves, rendez-vous des stars mondiales
de la discipline. Être élève de Claude Giot, c'est faire partie d'une
véritable famille, solidaire, conviviale.
Mais un portrait de Claude Giot restera toujours incomplet, tant ses
activités étaient nombreuses et riches. Créateur du Concours international
de vibraphone, de l'ensemble Akroma, il était aussi compositeur et
infatiguable découvreur d'oeuvres rares comme l'Ode à la fin de la Guerre,
de Prokofiev, donnée en première mondiale à Clermont.
Il fera du Canto General une formation de tout premier plan, avec laquelle
il crée son "Roeckquiem", oeuvre superbe et généreuse, à son image. Celle
d'un homme attachant, modeste, toujours à l'écoute.
La Montagne, 30 mars 2004