Le Canto General (2003)
Association Les Villains de Massy
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L'oeuvre


 
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Le canto General, de Pablo Neruda

     

    Cette photo est issue des sites de Guy Wagner, avec son autorisation

    Pablo Neruda est un poète Chilien, (1904-1973), qui fut aussi bien ambassadeur du Chili, qu'exilé politique. Son père était mécanicien sur un train de ballast, et Pablo Neruda ne l'a jamais oublié. Ses poèmes sont le reflet de la vie de chacun dans son pays, proche de la nature, sous les contraintes diverses.

    À l'âge de 17 ans, il participe à des manifestations opposant les ouvriers et la police Depuis cette époque et par intermittence, la politique s'est mêlée à la poésie et à ma vie. Il n'était pas possible, dans mes poèmes, de fermer la porte à la rue, de même qu'il n'était pas possible, dans mon coeur de jeune poète, de fermer la porte à l'amour, à la vie, à la joie ou à la tristesse

    À l'âge de 23 ans, il devient consul à Rangoon puis à Ceylan Batavia, Singapour et Buenos-Aires. Il poursuit sa carrière diplomatique en Europe, et fait la connaissance de nombreux poètes. En 1945, il est élu sénateur des provinces minières du Nord, mais, après un discours au sénat, il est destitué de son mandat de sénateur début 1948. Pablo Neruda doit alors fuir et entrer en clandestinité, dans son propre pays.

    Le canto General

    Traqué par la police, Neruda a traversé les "champs, les ports, les villes, les campements, les maisons des paysans, des ingénieurs, des avocats, des médecins, des compagnons". C'est pour cela que le "Canto General" est devenu ce cri déchirant de révolte contre toutes les forces et toutes les formes d oppression, depuis celle des conquistadores sur les indigènes jusqu'à la terreur exercée par les dictateurs contemporains, les "mouches", mais aussi ce grand chant de solidarité avec les opprimés, les humiliés et les exploités: les travailleurs dans les mines de cuivre et de nitrate, les indios, les péons, les bûcherons; une déclaration d'amour pour les gens simples, pour l'homme et la femme qui s'aiment et qui s'engagent pour un monde futur et meilleur: "J'écris pour le peuple bien qu'il ne puisse / Lire ma poésie avec ses yeux ruraux." Jamais auparavant, une relation aussi forte entre une oeuvre poétique et un continent tout entier n'avait été établie, jamais un auteur n'avait exprimé aussi intensément et aussi radicalement son refus de la peur en face de l'oppression: "Mes vers ne veulent pas se soumettre à la vision déçue d'un monde en décrépitude, mais ils ne se soumettent pas non plus à une vague et douloureuse adoration de quelque chose qui n'a plus de signification vivante", a dit Neruda.

    En 1952, il peut rentrer au Chili, et poursuivre sa vie littéraire et politique. Reconnu internationalement, il reçoit le prix Nobel de Littérature en 1971.

    Il décède le 24 septembre 1973, quelques jours après le putch militaire qui renverse le gouvernement de l'Unité Populaire, et son président Salvador Allende.

     

  • On trouvera les mémoires de Pablo Neruda dans J'avoue que j'ai vécu publié en France par Gallimard, 1975. (Confieso que he vivido, 1974); traduction Claude Couffon. (folio : ISBN 2-07-037822-5)
  • Le Chant général est paru dans la collection poésie de Gallimard; traduction Claude Couffon. (ISBN 2-07-032247-5)

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La génèse du Canto, de Mikis Theodorakis

     

    Cette photo est issue des sites de Guy Wagner, avec son autorisation

    Mikis Theodorakis est né le 29 juillet 1925 sur l'île de Chios. Passionné de musique dès son enfance, il écrit ses premières compositions à treize ans. Après l'occupation de la Grèce par les troupes allemandes, italiennes et bulgares, il est arrêté une première fois à Tripolis en 1942 par l'occupant italien. L'année suivante, il est de nouveau arrêté et torturé. Relâché, il entre dans la clandestinité à Athènes et devient membre de l'Organisation du Front National de Libération. Il milite dans la Résistance et suit parallèlement, en cachette, des cours au Conservatoire d'Athènes auprès de Philoktitis Economidis.

    Après la Libération, Theodorakis entre dans la lutte contre la prise de pouvoir par les forces contre-révolutionnaires qui engendre la guerre civile en Grèce de 1945 à 1949. Arrêté plusieurs fois, Theodorakis est si violemment battu par la police lors d'une démonstration, le 26 mars 1946, qu'il est tenu pour mort et transporté à la morgue. Déporté une première fois en 1947 à l'île d'Icarie, il est transféré en 1948 à Macronissos, un de ces enfers sur terre que les hommes du XXe siècle ont réussi à installer pour briser ceux qui ne partagent pas leurs opinions. Affreusement torturé, Theodorakis est un des rares à survivre à cet enfer, mais pendant dix ans encore il souffrira de la "fièvre de Macronissos".

    En 1967, le coup d'Etat du colonel Papadopoulos et de ses acolytes oblige Mikis à entrer à nouveau en clandestinité d'où il publiera deux jours après le putsch, le premier appel à la résistance. Arrêté le 21 août 1967, il est plus tard placé en résidence surveillée à Vrachati, puis banni avec sa famille à Zatouna, un village de montagnes des Arcadies (d'où son cycle de compositions "Arcadies" I-XI), déporté au camp de concentration d'Oropos et finalement exilé, à la suite de plusieurs campagnes internationales de solidarité initiées e.a. par Dmitri Chostakovitch, Leonard Bernstein, Arthur Miller ou encore Harry Belafonte.

    Le 13 avril 1970, Theodorakis arrive à Paris. A la tête du "Front Patriotique", il continue le combat. Il fait la connaissance de Neruda. Des tournées dans le monde entier avec des milliers de concerts dédiés à la restauration de la démocratie en Grèce, font de lui le symbole vivant de la résistance contre la dictature.

    Le canto General

    Mikis Theodorakis est parti au Chili en 1971 sur invitation du gouvernement de Salvador Allende. A cette époque-là, il vivait en exil et était président du "Front Patriotique" contre la dictature en Grèce.

    Selon Mikis Theodorakis :

    Le peuple du Chili m'a fortement impressionné. De tous les peuples que je connais, le peuple chilien est le plus proche du peuple grec, par son caractère et par son tempérament, Nous nous ressemblons avec toutes nos faiblesses, mais aussi nos forces qui sont l'enthousiasme, la foi, le pathétique, la fraternité. J'ai tout de suite reconnu dans le Chili ma seconde patrie. "Canto General" est pour moi comme un évangile de notre temps.

    Neruda y révèle son âme de combattant. Son oeuvre saisit les événements historiques de son pays de façon immédiate. Elle est sensée aider les hommes à vaincre des temps de crise et à imposer le droit. Neruda, délibérément se met au service de la révolution des peuples pour la liberté, l'indépendance et la démocratie.

    Pendant ce voyage au Chili, en 1971, Mikis Theodorakis rencontre le Président Allende, qui lui demande de mettre en musique plusieurs poèmes de Pablo Neruda, du Canto General.

    A son retour à Paris, où il vivait en exil, Theodorakis commence à mettre en musique les premiers poèmes.

    L'orchestre de Mikis Theodorakis était composé des trois musiciens du bouzouki, Thanassis Sarellas, Archille Kostoulis et Andonis Polemitis, des deux guitaristes Nikos Maniatis et Nikos Moraitis, d'un contrebassiste et du batteur Gérard Berlioz, deux Français, les deux seuls d'ailleurs qui aient su lire les notes. Les chanteurs étaient Maria Farantouri, Arja Saijomaa et Petros Pandis.

    A l'automne 1972, Pablo Neruda, alors ambassadeur du Chili à Paris, vient écouter son oeuvre mise en musique.

    Il semblait avoir pris goût à ma musique. Il prit une édition reliée en vert de son oeuvre et y inscrivit avec un crayon vert une dédicace très flatteuse pour moi, puis il dit: "J'aimerais bien que tu composes encore une musique sur ces poèmes, afin qu'une oeuvre poétique complète en résulte", et il mit des croix à côté des titres. C'est ainsi que sont nées encore les musiques de "Emiliano Zapata", "Lautaro" et "Sandino".

    À l'été 1973, Pablo Neruda doit retourner au Chili, et invite Mikis Theodorakis à participer à une tournée en Amérique du Sud. Triomphe du Canto, absence de Neruda resté à Santiago pour raisons de santé.

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Les premiers concerts

     

    Dès 1973, cette oeuvre a été jouée des dizaines de fois dans des dizaines de pays dans sa version originale pour accompagnement d'orchestre populaire. C'est alors qu'est né en moi très lentement le souhait de m'en occuper encore une fois de façon intense, afin de lui donner sa version définitive. En hiver 1973/74, toujours à Paris, je commençai à réaliser l'arrangement orchestral.

    Pour réduire les frais qui sont toujours un cauchemar, j'ai essayé de limiter autant que possible le nombre des instruments et des musiciens, ce qui revenait à dire, que je maintenais la même distribution pour tous les morceaux.

    Ayant essayé toutes les possibilités, je me suis décidé pour une version avec choeurs, deux pianos, trois guitares, une contrebasse et six percussionnistes qui devaient jouer chacun un grand nombre d'instruments. Quand j'avais fait le premier arrangement orchestral pour les sept premiers morceaux, j'avais utilisé aussi trois bouzoukis. J'ai remplacé ceux-ci dans l'arrangement des six derniers morceaux par trois flûtes parce qu'il est, surtout à l'étranger, souvent difficile de trouver des musiciens du bouzouki. Il est cependant loisible au chef de choisir entre flûtes et bouzoukis.

  • En septembre 1974, les quatre premiers morceaux ont été créés à la Fête de l'Humanité avec les solistes Maria Farantouri, Petros Pandis, Lakis Karnezis, le Choeur National de France sous la direction de Jacques Grimbert, un orchestre de musiciens français, dont les Percussions de Strasbourg, et le pianiste Alberto Neuman.
  • En été 1975, après la chute de la dictature en Grèce, des productions des sept premières parties ont eu dans la même distribution dans les stades de Karaiskakis, Panathinaikon, Kautzsantzoglio et Panaheikis. Yannis Smirneos y a même réalisé une prise en direct "open air", ce qui constituait une performance.
  • Mais, j'ai dû attendre l'hiver 1980/81, avant de pouvoir, toujours à Paris, terminer les compositions et les orchestrations des derniers cinq morceaux: "Amor America", "Sandino", "Lautaro", "Zapata" et "A mi partido", et, bien sûr mon "Requiem" pour Pablo Neruda, par lequel, je crois avoir exprimé, en quelques vers seulement que j'ai écrits en hommage au grand poète, ma philosophie et toute mon amertume sur l'oppression et l'asservissement de toutes les valeurs spirituelles contemporaines par des régimes affreux.

    Le Canto General est régulièrement présenté, dans de nombreux pays. Mikis Theodorakis est toujours accueilli avec le respect qu'impose son oeuvre. A titre d'exemple, en 1998, il est nommé Docteur Honoris Causa à l'Université du Québec À Montréal.

    Retrouvez ici la présentation que Guy Wagner nous a permis d'utiliser pour préparer cette page.

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Mise à jour 2007-08-14
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